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CORRÉLATION ENTRE LA PROPAGATION MONDIALE DES VIRUS NOCIFS

ET LE DÉBOISEMENT GÉNÉRALISÉ DES MASSIFS  FORESTIERS

Nous devons "Agir", selon les conseils de Gilles FUMEY* : "Que peuvent les scientifiques pour transmettre leurs alertes aux politiques en charge des forêts, sinon éclairer l’opinion publique qui pourra, de son côté, faire pression sur les élus ?" (*fils et petit-fils de paysans du Haut-Doubs, docteur en géographie, enseignant chercheur en géographie culturelle)

1. Les Virus sont partout, innombrables, depuis la nuit des temps, sur toute la Terre

Quand Emmanuel Macron a énoncé : "Il va falloir vivre avec le virus !" lors de la 17ème étape du Tour de France  le mercredi 16 septembre 2020, il n’avait sûrement pas en tête le nombre incalculable de virus sur terre et le rôle essentiel de ces virus dans les processus de la Vie. Les virus se déplacent constamment, s’envolent dans l’atmosphère, se déposent sur les sols par milliards. Les virus sont aussi vieux que la vie elle-même. Les virus font partie des ancêtres de la biodiversité planétaire. Sans les virus, nous n’aurions jamais vu le jour, non plus que la première cellule. Les virus sont présents partout sur Terre, des océans aux tubes digestifs des animaux, où ils sont jusqu'à 100 fois plus nombreux que leurs propres cellules. Chaque minute, nous respirons au repos environ 10 litres d’air et 200.000 virus. Les virus apparaissent avec de plus en plus d’évidence qu’ils sont le véritable "continuum" de la vie sur Terre. Les virus sont partout et sont surtout beaucoup plus complexes qu’on ne l’imaginait, à tel point que l’on se demande, aujourd’hui, si les virus ne sont pas à l’origine de la vie, et s’il ne faudrait pas, eux aussi, les considérer comme des organismes "vivants" apprend-on au cours de l’émission LA METHODE SCIENTIFIQUE du 13 avril 2020 sur France Culture animée par Nicolas Martin [https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/virus-il-ne-leur-manque-que-la-parole-0] en présence de deux invités Patrick Forterre, biologiste, membre de l’Institut universitaire de France, directeur du laboratoire de Biologie Moléculaire de Gène chez les Extrêmophiles à l’Institut Pasteur et Alain Dublanchet, médecin microbiologiste, ancien chef de service à l’hôpital de Villeneuve-Saint-Georges, spécialiste de la phagothérapie.

2. Les Virus sont présents en très grand nombre à l’intérieur même de notre propre corps

 Les virus auraient joué un rôle clé dans la naissance de nos cellules et de leur noyau. Ils sont inscrits dans notre ADN et pourraient même être à son origine. Ces êtres innombrables ont modelé notre histoire évolutive. La chaîne ARTE a présenté en 10 épisodes un documentaire remarquable "Une espèce à part" encore disponible sur internet [https://www.youtube.com/watch?v=ZqDjfHXAA70] qui expose la place de notre Terre dans l’Univers et notre place, espèce humaine au sein du Monde Vivant. Le 9ème épisode "Jusqu'au fond de son être" s’intéresse à notre corps dont on apprend qu’il abrite des dizaines de milliers d’espèces microscopiques, dont dépendent notre santé, et même notre nature. Notre intestin contient 100.000 milliards de microorganismes soit 10 fois le nombre de nos cellules propres. Et au sein même de nos propres chromosomes ont été incorporés plus de 100.000 fragments de virus, soit près de 10% de notre génome.

3. Des Virus sont à l’origine de graves maladies et d’épidémies locales et/ou mondiales

Il est essentiel de savoir que la grande majorité des virus sont inoffensifs pour les humains et que de nombreux virus sont même bénéfiques pour la santé humaine. Cependant, bien qu’en faible pourcentage, certains virus constituent une réserve phénoménale d’agresseurs. Les scientifiques de l’IPBES, [acronyme anglais de "Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques", l’équivalent du GIEC pour le climat], dénombrent ainsi qu’un nombre compris entre 631.000 et 827.000 virus sont actuellement présents dans la nature et sont susceptibles d’infecter les humains. Les chiffres dépassent l’imagination. Cette angoissante réalité apparaît tout-à-fait incommensurable.

L’humanité a affronté beaucoup de maladies émergentes dues à des virus au cours des XXème et XXIème siècle. D’après le rapport de l’IPBES, la pandémie de COVID-19 est au moins la sixième pandémie mondiale depuis la pandémie grippale de 1918. Serge Morand, écologue de la santé, met en perspective dans son livre "L’homme, la faune sauvage et la peste", les événements épidémiques des quatre-vingts dernières années. Il présente notamment une courbe des maladies infectieuses qui font au moins une épidémie chaque l’année entre 1940 et 2019. La courbe s’avère être d’allure exponentielle.  On ne peut constater avec inquiétude qu’elle monte de plus en plus vite :

 

On assiste donc à une forte émergence de virus nocifs et à une forte augmentation du nombre de maladies émergentes depuis les années 1940-50, les plus connues par le grand public, locales ou mondiales, étant au nombre d’une dizaine dont : le virus H2N2 (grippe asiatique) en 1956, le virus H3N2 (grippe de Hong-Kong) en 1968, le virus Lassa (fièvre hémorragique foudroyante) en 1969, le VIH-Virus de l'Immunodéficience Humaine (SIDA-Syndrome d'Immuno Déficience Acquise) en 1983, le virus Nipah (Syndrome respiratoire aigu et encéphalite mortelle) en 1998, le SARS-CoV-Syndrome Respiratoire Aigu Sévère en 2002, le H5N1 (grippe aviaire) en 2004, le virus CHIKV (Chikungunya) en 2006, le virus Ebola en 2014, le virus Zika en 2016, le H1N1 (grippe) en 2009, le SARS-Cov-2 (COVID-19) en 2019.

4. Les virus nocifs peuvent-ils être combattus ou contenus ?

4.1. Par des actions sur les conséquences - les vaccinations à grande échelle : Depuis le début de l’année 2020 et avec de plus en plus d’intensité et de fréquence au fur et à mesure que passent les mois, la confection, la commercialisation et l’injection de vaccins sont annoncées dans tous les médias d’information, journaux, radios, télévisions. Ainsi, pour ne citer qu’un média, le quotidien Libération de ce mardi 1er décembre affiche en sa 1ère page le slogan : « VACCINS - IL EST L’HEURE, MON SENIOR » avec le commentaire suivant : "La Haute Autorité de santé a livré lundi ses recommandations sur la campagne de vaccination contre la COVID qui doit s’ouvrir début 2021 et qui s’étalera sans doute toute l’année. Premières dans la file d’attente, les personnes âgées en EPHAD". Et ce même quotidien en remet une autre couche dans un article du mercredi 2 décembre avec ce titre éloquent : « Vaccins : les laboratoires veulent faire la Bourse en tête » et suivi avec cet en-tête de l’article : "Les effets d’annonce sur le taux de réussite des tests s’égrènent, tous meilleurs que les précédents : Pfizer, Moderna, Spoutnik V… Derrière cette course à l’échalote, des enjeux financiers très lourds, avec souvent des bénéfices immédiats : plusieurs dirigeants de société ont empoché des plus-values spectaculaires après avoir revendu leurs actions au prix fort." L’extrême rapidité de la mise au point de vaccins par les laboratoires et la fébrilité des gouvernements à les injecter aux patients constituent un miroir aux alouettes qui ne peut qu’inquiéter.

4.2. Par des actions sur les causes - la restauration de la biodiversité et des écosystèmes : Toutes les gesticulations sur la façon de contenir et d’éradiquer la COVID-19 seraient certainement plus acceptables, plus compréhensibles, plus efficaces et plus lisibles si les gouvernements ne se contentaient pas d’agir dans l’urgence sur les conséquences de l’épidémie mais s’ils se préoccupaient et agissaient enfin sur les causes de toutes les épidémies dont tout le monde reconnaît avec une évidence de plus en plus aveuglante qu’elles sont de plus en plus fréquentes et qu’elles vont se déclarer de nouveau avec d’autres virus nocifs dans les prochaines années. On a détruit les forêts, simplifié les paysages, perdu la diversité génétique, bougé frénétiquement sur tous les continents. Les pratiques les plus aberrantes se sont mises en place en toute irresponsabilité sous les seuls critères de la compétitivité et de la rentabilité économique d’un système néo-libéral mondialisé. On a favorisé des races d’animaux génétiquement homogènes, on a multiplié les monocultures à base de plantes industrielles améliorées aux niveaux élevés d'homogénéité génétique. Les populations d’animaux sauvages au sein desquels sont  installés en toute coopération des virus inoffensifs pour l’espèce humaine sont expulsées de leur habitat naturel par la déforestation et viennent en contact d’animaux domestiques fragilisés par leur uniformité génétique et leur mode d’élevage concentrationnaire. Les femmes et les hommes au contact avec ces animaux sont exposés à des virus inconnus de leur système immunitaire et contractent des maladies graves et contagieuses… Il faut écouter les chercheurs qui étudient les phénomènes mondiaux et mettent en évidence les causes des pandémies. Serge Morand définit trois principales causes : la destruction de la biodiversité, l’extension des élevages industriels, la flambée du transport de marchandises et de personnes. C’est sur ces causes qu’il faut agir pour se prémunir des pandémies à venir. Quel gouvernement est prêt à agir dans ce sens ?

[                                                                                                                                         Léon-Etienne CREMILLE le 2 décembre 2020]