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Comme prévu par la météo, la pluie avait cessé dès
notre arrivée. Invités par Anne-Marie Reboul, nous étions une quinzaine de
la C.C.M., dont huit de St Gervais : A-M Reboul, A. Bonnet, M. Legros, Th
Duforets, S. Arbo, J. Lemitre, B. Noyer et N. Pedley. Probablement, le vent
ne se lèverait pas de si tôt. Jour de chance !
Un camion benne s’immobilise sur la bascule
à la hauteur de la barrière de détection de radioactivité. Dans la salle de
contrôle, l’image du contenu de la benne apparaît sur un écran et
l’identification du camion sur celui de l’ordinateur. Car n’entre pas qui
veut ici. Il faut s’annoncer. Nous avons débarqué dans un monde
particulier : le centre de stockage et d’enfouissement des ordures ménagères
(COVED) à Roussas.
Au-dessous de nous, entre l’A7 et la N7, la
zone d’activités de Donzère avec de grands hangars en béton, des éoliennes,
le centre de tri ONYX que nous visiterons tout à l’heure. Au-dessus
de nous, une route en lacets monte à l’assaut d’une colline artificielle
quasiment nue dont nous ne voyons pas le sommet. Fabien nous explique que
s’accumule ici le contenu de nos poubelles, déchets qu’on ne peut pas
valoriser : 115 000 tonnes par an, venant entre autres de la SESAME et de la
CCPM.
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Sur le plateau de déchets, les engins s'affairent |
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En voiture, nous grimpons jusqu’à la plateforme
sommitale. Pas vraiment plat le sommet, et pas agréable non plus l’odeur qui
s’impose.
Sur cet immense plateau, des conducteurs
d’engins s’affairent. Le camion de tout à l’heure a déchargé sa benne et
aussitôt un compacteur de 52 tonnes s’est occupé du contenu. A quelque
distance, un chenillard recouvre les déchets d’un lit de sable et de
compost. La piste sera prête pour le prochain camion (70 camions par jour).
Ca et là, pointent des « cheminées » : ce sont des puits qui s’enfoncent
jusqu’au fond des couches d’ordures pour aspirer les gaz et drainer les
lixiviats (jus de décharge).
En surface, des collecteurs drainent les gaz jusqu’à la
torchère, en bas. Derrière nous, en bordure de la zone de stockage , les
petits chênes et les buissons de la garrigue sont couverts de lambeaux de
platique de toutes les couleurs. Car, ici, malgré de grands grillages, le
problème c’est le vent. La COVED emploie, 5000 heures par an, des
intérimaires pour ramasser ce qui vole, les papiers et les sacs en
plastique. Parce qu’il pleuvait fort ce matin, les « cueilleurs » ont arrêté
leur travail. L’environnement n’est pas joli-joli… |

Cheminée
d'où s'échappent les gaz |
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Nous redescendons jusqu’à la torchère qui brûle les
biogaz du centre, à raison de 300 m3 à l’heure. Composé de 30 à 35 % de
méthane, ce gaz n’est pas réutilisé, d’abord parce qu’il n’y en a pas assez
et aussi parce que les riverains s’opposent à la présence sonore des
turbines. Fabien nous dit que lorsque le site sera plein, il y aurait
pendant quelques années, assez de gaz pour produire et fournir en
électricité une ville comme Pierrelatte. Au loin, nous apercevons les
casiers amiante-ciment. Ils seront encapsulés avec de l’argile quand le
stockage sera terminé. En contrebas, des bassins où décantent les lixiviats
(800 m3 par an). Ils sont traités ailleurs, dans une station d’épuration
près d’Annonay (07).Tout proche de l’entrée du site, le centre de tri, qui a
brûlé en juin.
Ce centre de stockage,
géré depuis 1988 par la COVED à la suite d’EMCO fermera définitivement en
décembre 2005. Le mille-feuilles ordures –sable -compost sera recouvert in
fine de terre végétale et végétalisé pour reconstituer un paysage
acceptable, semblable à la nature environnante. |
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La surveillance sera assurée pendant 30 ans encore. Où
donc iront les camions bennes ? Dans une combe voisine, nous dit-on, pour
profiter de certains équipements existants. Les travaux sur le prochain site
débuteront l’an prochain. Cette fois-ci, tout sera mis en ballots pour
éviter les désagréments du vent Que de chemin parcouru depuis le temps où M. Bonnet,
alors employé communal, collectait une fois par semaine nos sacs d’ordure
qu’il chargeait sur la remorque du tracteur et acheminait jusqu’au dépôt
d’ordures communal en bordure du Roubion. C’était avant février 1987.
Depuis, les sociétés EMCO puis COVED ont pris la relève et le ramassage ne
s’est pas toujours fait en douceur. J’invite ceux qui ont conservé la
collection des Au fil du Roubion de cette époque-là à relire les
récriminations des Saint-Gervaisiens : conteneurs aux couleurs criardes, mal
placés, débordants, malodorants etc… Tiens ! Mais ça n’a guère changé
depuis… Si ! Le coût : 2047 tonnes en 2003, soit 315 kg par
habitant de la CCPM, à 107 € la tonne.* Faites le calcul.
Nicole Pedley
* source : Lettre d’Ourseco n° 21,
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La seconde vie des emballages |
(Bernadette Noyer) |
Si les ordures ménagères non recyclables sont enfouies, le destin des
emballages est très différent : ils passent d'abord dans un centre de tri, puis
sont acheminés dans une usine de recyclage. Les emballages de la CCPM , avec
d'autres, sont traités par le centre de tri ONYX, sur la zone d'activité "les
Eoliennes" de Donzère.

Les camions
déversent sur le sol les emballages mélangés |

U
U n tapis roulant conduit les déchets au premier
étage où ils
ssont triés par catégories :
Les boîtes en métal ferreux sont sortis du lot par un aimant. |
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Les
objets triés sont conditionnés en balles . Ici, des boîtes métalliques... |

là des flacons en plastique transpar |
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