1. La promotion du pain dans les villes

L’Observatoire du pain, "le centre d’informations scientifiques sur le pain", créé en 2006, organise des campagnes de promotion du pain intitulées "LE PAIN, EN CAMPAGNE", la première en juin 2013, la nouvelle en mars 2014, en posant la question "Coucou, tu as pris le pain ?" à travers deux médias, l’affichage urbain dans les rues des villes de plus de 20.000 habitants et des messages sur un certain nombre de radios. [http://www.tuasprislepain.fr/]. Selon ce centre, « la France est une "civilisation du pain" et cet aliment fait partie du repas traditionnel "à la française". Les habitudes alimentaires évoluent, les façons de le consommer aussi, mais il reste, encore et toujours, présent dans nos repas : le pain est un aliment classique et moderne qui rassemble. Voilà qui explique pourquoi le pain est tant plébiscité, nous sommes près de 98 %  à en consommer ! » Les boulangers participent et se mobilisent en nombre pour offrir encore plus de visibilité à cette campagne en apposant l’affiche dans leur magasin [http ://www.lesnouvellesdelaboulangerie.fr/evenements/moments-forts/coucou-tu-pris-le-pain-2e-service].

« Cette campagne a l’allure d’une vaste opération de propagande pour inciter les français à "manger plus de pain, peu importe sa nature, peu importe son type de farine, en leur serinant que c’est bon pour leur santé" » estime LaNutrition.fr, le site créé par Thierry Souccar [http://www.lanutrition.fr/].

2. Les effets des variétés modernes de blé sur la santé

Et en effet, une enquête menée par Julien Venesson, journaliste scientifique, spécialisé en nutrition et santé, présentée dans son livre "Gluten. Comment le blé moderne nous intoxique", nous permet de comprendre le décalage important entre la promotion et les dangers du pain moderne. Le blé ancestral, "l’engrain sauvage", devenu au cours du temps le petit épeautre, est bien connu des consommateurs de l’alimentation biologique. Il est caractérisé par sa faible teneur en gluten et son faible nombre de chromosomes. De nouvelles variétés ont été créées ultérieurement avec la mise en œuvre des techniques de l’hybridation, le blé ayant la capacité de combiner son matériel génétique avec celui d’autres plantes. Une cinquantaine de nouvelles variétés de blé ont été créées lors de la Révolution verte des années 1960, destinée à la lutter contre la famine mondiale, par l’introduction de nouveaux gènes et une forte augmentation du nombre de chromosomes. Elles présentent certes un haut rendement mais elles sont riches en gluten. L’hybridation présente en effet l’inconvénient de modifier l’expression de certains gènes et de favoriser l’apparition de nouvelles protéines inattendues. Aucun test pour les hybrides n’existe actuellement et les effets sur le métabolisme humain ne peuvent être connus qu’à postériori et non pas à priori. On sait que des effets se manifestent sur la digestibilité des aliments en stimulant le système immunitaire et en occasionnant des réactions d’allergies et d’intolérances au niveau de l’intestin, organe très sensible. Il apparaît que les mutations que l’homme a fait subir au blé sont seules capables d’expliquer une fréquence croissante de la maladie cœliaque, "l’intolérance au gluten". L'AFDIAG (Association Française Des Intolérants Au Gluten) qui compte aujourd'hui plus de 6.300 adhérents organise régulièrement des Colloques médicaux, comme récemment le 5 avril en Ile-de-France et prochainement le 17 mai à Grenoble [http://www.afdiag.fr/].

3. Les effets des pesticides sur la santé

3.1. La fin d’hiver est propice pour grimper au sommet des montagnes drômoises, de Serre-Gros ou de Roche Colombe par exemple, pour admirer la Plaine de la Valdaine, si belle et si vaste, et la découvrir toute sa diversité. On voit le Roubion, la rivière qui structure l’espace et chemine à travers toute la Plaine selon un joli ruban boisé, les différentes collines qui apportent leur touche forestière, les nombreuses zones plates qui offrent une mosaïque de parcelles vertes et beiges ou brunes.

3.2. L’agriculture industrielle est majoritaire dans la Plaine. Les parties beiges sont des terres nues qui vont être semées en mai en cultures de printemps, maïs et tournesol, et qui se verront abondamment pulvérisées en pesticides. Les jolies parties vertes ont été semées en céréales d’hiver et sont soumises dès mars à des pulvérisations de sorte que printemps rime désormais avec empoisonnement.

3.3. Les premières personnes touchées par l’ingestion de pesticides sont les conducteurs des tracteurs qui tirent les pulvérisateurs, les exploitants et les ouvriers agricoles, car la plupart du temps ils ne sont pas correctement équipés de combinaisons, lunettes, filtres, gants.

Effets des pesticides sur la santé

 

Depuis les années 1980, les enquêtes épidémiologiques ont évoqué l’implication des pesticides dans plusieurs pathologies chez des personnes qui sont exposées professionnellement à ces substances, telles que des pathologies cancéreuses, des maladies neurologiques, des troubles de la reproduction…

http://presse-inserm.fr/pesticides-effets-sur-la-sante-une-expertise-collective-de-linserm/8463/

3.4. Sur demande de la DGS, l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) a fait le point en 2013 sur les connaissances relatives aux effets des pesticides sur la santé. Il estime que la principale voie d’exposition est la voie cutanée pour les milieux professionnels et la voie orale pour la population, à travers l’alimentation. Il met en évidence des cancers de la prostate, des cancers hématopoïétiques (lymphome et myélome), des maladies neurodégénératives telles que les maladies de Parkinson et d’Alzheimer, la sclérose latérale amyotrophique, des atteintes de la fertilité masculine, des atteintes du fœtus (malformations congénitales, hypospadias). Il évoque également les mélanges de pesticides et leurs effets à faibles doses. La confusion entre "faibles doses" et "seuil d’innocuité" est devenue une aberration. Il n’y a plus de discours possible sur l’innocuité des faibles doses.

4. Les innombrables produits toxiques obèrent la santé et l’avenir de l’humanité

A suivre ! [Article et sites à retrouver en couleurs sur : http://ber04.free.fr/]                Léon-Etienne CREMILLE le 10 avril 2014index.htm