Le nom des rues
Ca y est ! les plaques avec le nom des rues et des
places sont installées. Les panneaux sur les chemins le seront bientôt..
Les noms d’origine ont été conservés. Certains sont
très anciens et sont venus jusqu’à nous à travers les siècles, tels la
Porte Saint Claude, la Place des Fournils, la Place de l’Hôpital, la rue
de la Vacherie etc. D’autres ont été créés à la suite de la consultation
lancée auprès des habitants par le biais de Au fil du Roubion en 2002 (
la Ruelle du Point du Jour, par exemple…) Quelques précisions sur
l’origine des noms :
La porte Saint
Claude :
Dans les textes anciens, il est souvent fait
allusion à la porte Saint Claude et à l’église Saint-Claude. De cette
dernière il ne subsiste que la maison occupée maintenant par Monsieur
Moulin. Les Gervaisiens des siècles derniers n’avaient pas assez de
revenus pour maintenir la vieille église en état. Peu à peu, elle tomba en
ruines et fut abandonnée. Vendue aux enchères pour 201 francs en 1887,
elle fut ensuite transformée en usine. Ce qu’il en reste est maintenant un
bâtiment habitable
Ci-après, une reproduction du plan cadastral de 1810 (les noms ont été
rajoutés). L’église Saint Claude est encore debout à cette date.


Extrait du plan cadastral de 1810
La place
des fournils :

Le fournil, c’est sans doute le four banal,
c’est-à-dire le four à pain, propriété du seigneur, que les villageois
devaient obligatoirement utiliser, moyennant redevance. Les restes d’un
four sont encore visibles dans un des appartements qui borde la place en
question. Est-ce le four banal ? On trouve un indice de son emplacement
dans l’acte de vente des maisons ayant appartenu au seigneur de Moreton de
Chabrillan : « vente d’un four à pain limité au nord
par la cour du bâtiment dit la remise » Il est dit plus loin «
Ce bâtiment dit « la remise » est situé dans la rue allant au
moulin » (vente du 7 pluviôse de l’an 3, soit le 26 janvier 1795)
Dans cet acte, il est aussi question d’un bâtiment « dit la
fournille » situé « rue du four » (la fournille est le nom
donné à la broussaille utilisée pour chauffer le four.)
La Place des Fournils fait bien référence au four banal, mais il est
difficile de localiser celui-ci plus précisément.
La place de
l’Hôpital
Sur le plan cadastral de 1810, elle existe
déjà sous le nom de Place publique de l’Hôpital. Dans les archives
datant de l’ancien régime, il est souvent question de la plaine de l’
hôpital . Un exemple : en août 1720, pour éviter l’épidémie de
peste qui sévit dans la région, le village se barricade, le portail Saint
Claude est fermé, et un groupe de personnes est chargé de monter la garde
à la plaine de l’hôpital.
Autre exemple : le 8 octobre 1724, l’assemblée
communale accorde gratuitement à la confrérie du Saint Sacrement un
emplacement pour construire une chapelle dans la plaine de l’hôpital
à charge d’y faire dire une messe le lendemain de la Toussaint.
Il y eut bien un hôpital, sans doute des plus sommaires, car un testament
établi en 1669 indique un « legs aux pauvres de l’hôpital »
Sans doute est-ce en rapport avec le fait que, en 1228, la moitié du
village de Saint Gervais a été cédée à l’ordre des Hospitaliers de
Saint Jean de Jérusalem (ordre monastique et militaire, créé en 1113 à
Jérusalem pour accueillir et soigner les pèlerins chrétiens venus en Terre
Sainte) Les hospitaliers, déjà possesseurs de la commanderie de Poët
Laval, conservèrent la moitié de Saint-Gervais pendant au moins 300 ans
jusqu’à ce que la famille Moreton de Chabrillan acquerre leur part.
Les chevaliers de l’Ordre de Saint Jean de
Jérusalem étaient des moines soldats.
Ils ont établi des refuges et des hôpitaux dans
la région (Pont de Barret où les chevaliers de l’Ordre étaient
propriétaires d’une manse, possède aussi son quartier de l’hôpital)
|

|
Place du Parterre
La place devait être occupée par un parterre
fleuri. Les jardins du château se trouvaient à l’emplacement des maisons et
des terrains situés en face de la façade (à gauche sur la photo)
Les archives relatent qu’en 1735, les habitants firent une demande au
marquis de Chabrillan au sujet de l’eau d’arrosage de ces jardins : Le
marquis ayant l’intention de « faire construire une fontaine, sur les
hauteurs de Laga pour la faire couler dans son parterre et son
jardin », ils lui demandèrent d’en accorder une part à la commune.
De nos jours, le puits découvert sous la place du Parterre alimente la
fontaine de la place de l’horloge en circuit fermé..
Extrait du plan cadastral de 1810

|
En face du château, au centre du jardin
existait encore un jet d’eau.
Près de l’impasse de la Garenne, sur ce plan, on
peut voir une pièce d’eau rectangulaire dans ce qui devait être aussi un
jardin.
L’église n’existe pas encore. Elle fut construite
en 1878.
|
La rue de la Vacherie

Encore un nom venu des temps anciens.
On en trouve la trace lors de la vente des biens du
seigneur, après la révolution.
Le marquis de Moreton possédait La Vacherie,
Andran ainsi qu’un four banal et un moulin banal.
Cette rue était autrefois un simple chemin, qui
conduisait à La Vacherie, que l’on peut repérer sur la carte ancienne de
Saint Gervais reproduite ci-après…
|

|

Extrait de la Carte de Cassini (section
établie en 1779)
A gauche du village, on distingue nettement l'indication de la Vacherie, qui
désigne sans doute une des fermes situées sur la Moutette. Le nom évoque une
étable à vaches.
Dans la campagne, il existe aussi le hameau des Vachons. En 1789, les
officiers municipaux reconnaissent en sbstance l'existence de "quelque gros
bétail" utilisé pour le travail de la terre.
Bernadette Noyer
Ressources : Archives communales de St Gervais
Inventaire de la Drôme (Archives départementales)
L’arrondissement de Montélimar (A. Lacroix)
Histoire de Poët Laval (Les amis de Poët- Laval)
Statistiques de la Drôme (M. Delacroix)
Au fil du Roubion, (recherches de Claude Mesclon sur les réponses au
questionnaire faisant office de cahier de doléances en 1789)
Retour page d'accueil
|
|